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« Quand on apprend un sport, on apprend aussi ses ...

« Quand on apprend un sport, on apprend aussi ses valeurs »

© S.Bonnet_FFJudo

Nous sommes allés à la rencontre de la judokate Priscilla Gneto. Vice-championne olympique en moins de 52 kg en 2012 et championne d’Europe en moins de 57 kg en 2017, elle nous parle de son parcours, des blessures, de son sport. Entretien.

 

Tu t’es gravement blessée en octobre avec une rupture des ligaments croisés du genou gauche. Comment se passe ta rééducation ?

Je suis dans le 5e mois de la rééducation, tout va bien. Je remonte sur le tapis, j’ai repris la musculation… les journées sont intenses mais, malgré la fatigue, je suis motivée.

 

Depuis le début de ta carrière, tu n’es pas épargnée par les blessures…

Le judo est un sport difficile, très exigeant physiquement. Je néglige parfois le repos, le renforcement musculaire… on veut parfois trop en faire. Mais quand on remonte sur le tapis après une blessure, on se sent plus fort. Ca fait mal d’être sur le côté, ça nous manque et on se rend compte dans ces moments là de la chance inouïe que l’on a de vivre de notre passion. On relativise… et parfois cela fait du bien psychologiquement.

 

Tu as baigné très jeune dans le sport de haut niveau puisque ta mère était handballeuse pro et internationale ivoirienne, et ton père footballeur avec à son actif trois sélections avec les Éléphants de Côte d’Ivoire. Peux-tu nous parler de ton parcours…

J’ai touché à tout, athlétisme, équitation, hand… j’ai découvert le judo à 9 ans, lors de notre arrivée en Corse (NDLR : où son père rejoint un club local), j’ai longtemps hésité avec le hand mais j’avais certaines facilités et j’ai donc fait le choix de m’orienter vers le judo. A 13 ans j’ai intégré le Pôle Espoirs d’Ajaccio. J’ai adoré cette période, c’était top de faire du judo tout le temps et de vivre loin des parents ! A 17 ans je suis parti à Paris pour rejoindre l’Institut National du Judo puis l’Insep l’année suivante. Et tout s’est enchainé, j’ai obtenu mes premières sélections, j’ai participé à mes premiers grands championnats, j’ai gagné mes premières médailles…

 

© P.Rabouin

Jusqu’aux Jeux de Londres en 2012 où tu te révèles au grand public avec une médaille de bronze en moins de 52 kgs. C’est le plus beau souvenir de ta carrière ?

C’est le moment le plus fort de ma carrière, oui. Mon titre de championne d’Europe, l’année dernière à Varsovie, a également une saveur particulière. J’étais dans l’inconnu, simplement heureuse d’être sélectionnée quelques mois après mon échec lors de Jeux de Rio. Ce titre a été pour moi un moment très fort !

 

Un titre européen glané dans une nouvelle catégorie, celle des moins de 57 kgs…

A Rio, je savais que je combattais en moins de 52 kgs pour la dernière fois. Les régimes étaient de plus en plus durs, ce n’était plus vivable et je mettais ma santé en danger.

 

Le judo véhicule des valeurs fortes, le respect du code moral est la base de sa pratique. On dit d’ailleurs souvent que le judo est une école de la vie. C’est également vrai au haut niveau ?

Quand on apprend un sport, on apprend aussi ses valeurs. Le judo est un sport individuel mais qui prône des valeurs d’entraide, de respect, d’amitié… ces valeurs, cette ligne de conduite à tenir sur le tapis, je l’applique dans ma vie au quotidien. Donc oui, c’est également vrai au haut niveau. Il y a parfois des comportements désagréables, comme dans tous les sports et dans la vie en général, mais on respecte toujours l’adversaire. Une fois le combat terminé, souvent des amitiés naissent entre nous.

 

Merci beaucoup Priscilla. Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Une bonne santé, le reste ça ira !

 

Publié le 9 avril 2018