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« J’ai beaucoup appris dans ma vie grâce à l’escri...

« J’ai beaucoup appris dans ma vie grâce à l’escrime »

© FFEscrime

Jeux Olympiques de Rio, août 2016. Une jeune escrimeuse française de 20 ans, Manon Brunet, crée la sensation en atteignant la demi-finale de l’épreuve individuelle du sabre. Originaire de Lyon, elle s’entraine au sein l’INSEP comme plus de 800 sportifs de haut niveau. Nous sommes allés à sa rencontre, près de deux ans après ses premiers faits d’armes sur la scène internationale, pour décrypter l’une des plus anciennes disciplines olympiques.

 

Ma première question est très simple : qu’aimes-tu dans l’escrime ?

J’ai eu le coup de foudre à 8 ans. Une amie en faisait, j’ai voulu essayer… j’ai immédiatement adoré. Ce qui m’a plu à l’époque était la tenue, le masque, j’avais l’impression d’enfiler un déguisement. Et depuis ma passion est intacte. C’est une discipline très complète, à la fois physique, même si les gens ne s’en rendent pas toujours compte, technique et tactique. Il faut être rapide, explosif et savoir réfléchir pendant un combat, savoir tendre des pièges comme dirait mon entraineur. J’aime également beaucoup la compétition par équipe, partager les émotions avec mes partenaires, et les valeurs inhérentes à notre discipline. C’est tout cela qui fait mon amour pour ce sport.

 

Comment sont sélectionnées les représentantes françaises pour les championnats d’Europe, les championnats du monde et les Jeux Olympiques ?

En sabre, nous sommes 12 dans le groupe France. Une est sélectionnée automatiquement en fonction des résultats sur le circuit national et les 8 manches de coupe du monde, 3 autres sont choisies par les entraineurs. Il faut savoir que les championnats d’Europe et du monde se tiennent chaque année. Pour les Jeux Olympiques, c’est un peu différent, les sélections se font sur une période plus longue.

 

© FFEscrime

Quel(s) souvenir(s) gardes-tu des jeux de Rio ?

Je ne pensais pas atteindre les demi-finales. Cela a été pour moi une vraie révélation, je n’avais fait qu’un podium en coupe du monde avant les Jeux. J’ai découvert à Rio que je n’étais plus une enfant. Malgré tout, cela fait quand même mal d’être passée si près d’une médaille… la déception est passée, même si j’ai repensé à tout ça en regardant les Jeux d’hiver de PyeongChang.

 

Tokyo 2020 et, à plus long terme, Paris 2024 sont des objectifs majeurs ?

Avant cela, j’ai à coeur de faire de bonnes performances dans les grands championnats. Mais oui, l’objectif est de revenir de Tokyo avec une voire deux médailles et d’être présent à Paris en 2024.

 

© FFEscrime

Peux-tu nous décrypter la culture « escrime » ?

L’escrime a une image de sport noble, réservé aux riches… c’est complètement faux. C’est un sport très ouvert, on n’a pas besoin d’avoir d’importants moyens financiers pour pratiquer notre discipline. J’ai beaucoup appris dans ma vie grâce à l’escrime. Le masque, pour lequel j’ai eu le coup de foudre petite, me permet d’être quelqu’un d’autre. J’ai appris très jeune à réfléchir par moi-même, à trouver seule des solutions pour battre mes adversaires. Les éducateurs et entraineurs véhiculent des valeurs fortes, notamment de respect et de courage. L’escrime est une école de la vie ! Et l’ambiance en compétition est plutôt cool. On vient pour gagner, bien sûr, mais avant tout pour s’amuser, pour prendre du plaisir.

 

Regrettes-tu la faible visibilité de l’escrime en dehors des grands événements ?

C’est un sport que j’aime, donc cela me fait de la peine. Beaucoup de gens aiment l’escrime, mais notre discipline est parfois compliquée à comprendre. Lors des retransmissions des Jeux, par exemple, un consultant explique le déroulement des oppositions aux téléspectateurs, cela permet d’en améliorer la compréhension. Mais cela n’est pas toujours le cas… c’est dommage.

 

Publié le 1er mars 2018