JULES DENEL, PROFESSION WINDSURFEUR

Contacté quelques jours plus tôt, c’est sur la terrasse d’un café lillois que Jules Denel m’a donné rendez-vous entre deux sessions à Wissant. Professionnel depuis ses 18 ans, 7e mondial en 2013, 19e en 2014, 12e en 2015 et 16e en 2016 en 2016 il s’est imposé parmi les meilleurs mondiaux en vagues.

Pendant plus d’une heure, il se confiera sur sa passion, sans langue de bois. Loin du sport business et de l’image qui colle à la peau des windsurfeurs dans l’imaginaire collectif, Jules porte un regard avisé sur son sport.

Une phrase retiendra particulièrement mon attention : « Naviguer dans des endroits dangereux et radicaux fait partie de notre sport, tu sais à quoi t’attendre et tu essaies de t’y préparer (…). Le plus dur mentalement, c’est que tout peut s’arrêter du jour au lendemain (…). On n’a quasiment aucune marge de manoeuvre, si tu fais une mauvaise année et que tes sponsors ne renouvellent pas tes contrats, ta carrière peut être terminée ». Entretien.

Jules, tu es né le 17 mai 1990 à Lille, à 130 kilomètres des premiers spots… rien ne te prédestinait à devenir l’un des meilleurs windsurfeurs de la planète. Raconte-nous ton histoire.

J’ai commencé la planche à 8 ans, à Wissant, avec mon père… j’ai accroché tout de suite. On y allait souvent, c’était sa passion. Je faisais beaucoup de tennis à l’époque et je suis parti en Tennis Etudes au collège. En parallèle, j’ai fait mes premières compétitions de planche. Au lycée, j’ai décidé de bifurquer sur un cursus de Planche à voile Etudes. J’ai donc quitté Lille pour rejoindre un internat basé à Boulogne-sur-Mer. J’ai rapidement eu de bons résultats, mes premiers titres de Champion de France junior et deux titres de Champion du monde junior.

En 2008, à 18 ans, j’ai participé à ma première compétition sur le Pro Tour au Cap Vert. J’avais fait le choix d’abandonner les épreuves de slalom pour me spécialiser en vague, l’épreuve reine. Ca s’est super bien passé, je me suis qualifié pour les autres manches de la Coupe du monde sans devoir passer par les qualifications et j’ai fini l’année à la 38e place mondiale. J’ai progressé ensuite chaque année – top 30 à 20 ans, 22e mondial à 21 ans – jusqu’au 7e rang mondial en 2013, après deux titres de Champion de France en 2011 et 2012.

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Malheureusement un enchaînement de blessures t’empêche de confirmer l’année suivante…

2014 a été une année noire. Je me suis explosé la cheville sur une session en début d’année, je reviens trois mois plus tard… et ma cheville cède à nouveau. Une 4e place sur l’indoor de Varsovie me permet quand même de finir la saison au 19e rang mondial. De ce fait, j’ai eu des tableaux assez compliqués en 2015 car je rencontrais rapidement les têtes de série, mais je me suis bien rattrapé pour finir la saison au 12e rang mondial. Et puis en fin d’année j’ai chargé Jaws, un rêve d’enfant ! J’avais des posters de cette vague mythique dans ma chambre !

Qui étaient tes idoles, ceux qui t’ont inspiré et t’inspirent toujours ?

Comme tous les passionnés, Robby Naish. Mais je pense surtout à Pierrick Wattez, Yann Sune et d’autres mecs du Nord qui m’ont vraiment poussé. Je naviguais tous les jours avec eux, ou presque, c’était mes idoles. Pour être honnête, je ne me serais jamais permis de rêver d’en arriver là. A 18 ans je me suis dit « essaie et on verra ». Je suis un compétiteur depuis toujours, c’est vraiment ce qui m’a permis de progresser…

Découvrez la suite dans Yellow #1

Photos utilisées avec l’autorisation de Jules Denel


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