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« J’ai du mal à dire que je travaille »

« J’ai du mal à dire que je travaille »

© David Malacrida

Elle est l’une des skieuses freestyle parmi les plus talentueuses de sa génération. Coline Ballet-Baz nous a accordé un peu de son temps pour discuter de son sport, de sa passion, d’une discipline olympique depuis les Jeux de 2014 mais qui a su préserver un état d’esprit aux antipodes du sport business. Une rencontre bien cool… comme l’est le ski freestyle.

 

Tu t’es rompue les ligaments croisés du genou gauche en fin d’année, lors d’un entraînement du Dew Tour aux Etats-Unis. Comment vas-tu aujourd’hui ?

Ca va, la rééducation suit son cours, cela devrait prendre 6 mois. C’est ma première grosse blessure depuis une luxation de la clavicule il y a 4 ans, juste avant les Jeux de Sotchi. Il faut digérer la déception de rater une nouvelle fois les Jeux, ce n’est pas le meilleur moment mais ça fait partie du sport.

 

Tu n’as pas un parcours ordinaire puisque tu as grandi loin des pistes et que tu as découvert le freestyle assez tardivement…

Oui, je suis originaire de la Vienne. Je suis arrivé à Grenoble à 17 ans pour mes études, à l’institut de Sciences Politiques. C’est là que j’ai découvert le ski freestyle, avec des amis… j’ai immédiatement adoré ! Avant je skiais une semaine par an. Tout s’est ensuite enchaîné assez vite, j’ai commencé à participer à quelques contests, j’ai eu quelques bons résultats, et en 2013 j’ai été sélectionnée pour intégrer la première équipe de France de ski freestyle.

 

© Alexandra Wise

Quels sont tes points forts ?

Je n’en ai pas vraiment. Je suis plutôt polyvalente et à l’aise à la fois dans le ride et sur les sauts.

 

On sent une atmosphère différente dans cette discipline, le plaisir semble prendre le dessus sur la compétition…

L’ambiance est très relâchée. Ce n’est pas à la base un sport institutionnalisé, les origines du ski freestyle sont plus cools. Ce sont des riders qui ont voulu sortir des sentiers battus, faire autre chose. L’état d’esprit sur le circuit s’en ressent encore. On doit aujourd’hui être de plus en plus compétitifs pour rester au niveau, la discipline évolue et demande de plus en plus de sérieux, notamment dans la préparation physique, mais il y a un super état d’esprit en compétition et j’adore ça. Plus qu’un sport, le ski freestyle est un mode de vie.

 

Qu’aimes-tu le plus dans le ski freestyle ?

Les sensations, l’adrénaline que ce sport procure. C’est une discipline illimitée, créative, il y a encore beaucoup de figures à inventer, d’univers à explorer. Je prends un max de plaisir chaque jour, je me dis d’ailleurs souvent que je suis chanceuse de vivre tout ça. Bien sur, il y a derrière un gros investissement, les résultats ne sortent pas de nulle part, il faut vraiment s’investir au quotidien… mais j’ai du mal à dire que je travaille. Pour moi ce n’est pas un travail.

 

© David Malacrida

A quoi ressemble ta vie en dehors des compétitions ?

Généralement je coupe un mois en fin de saison, en mai, histoire de me reposer et me ressourcer. Et dès le mois de juin on reprend la préparation physique jusqu’à la fin de l’automne. Comme je te le disais, c’est beaucoup plus structuré qu’avant. Quand je ne suis pas en compétition, je fais pas mal de vidéos, c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Je pense rester sur le circuit jusqu’aux prochains Jeux Olympiques, si l’envie est là et que le physique suit, et ensuite consacrer du temps à la production de vidéos. La compétition ne prend pas tout l’espace, je reste attachée à l’esprit du ski freestyle, le fun, la liberté, c’est un sport que je pratique avant tout par passion.

 

Merci Coline. Que peut-on te souhaiter désormais ?

D’être présente aux X Games et aux Championnats du Monde… et puis de faire quelques podiums l’hiver prochain.

 

Publié le 13 février 2018